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16 février 2011

Test de The Matrix : Path of Neo (PS2)




Matrix et les jeux vidéo, c'est une histoire d'amour, avec ses hauts et ses bas. Les hauts pour commencer : les films des frères Wachowski s'inspirent de l'univers virtuel proposé dans les jeux vidéo et nous offrent une aventure riche en effets spéciaux et en bastons épiques.
Passons aux bas : la licence Matrix n'a jamais donné de jeux mémorables, un comble ! On se souvient d'Enter the Matrix, pas terrible, et de Matrix Online, qui a fermé ses serveurs faute de fréquentation. C'est tout de même dommage que des films à si grand potentiel vidéoludique se ratent lamentablement lors du passage à l'acte...
Pour relever le niveau sort en 2005 The Matrix : Path of Neo, qui se focalise donc sur le personnage principal de la trilogie : Neo, incarné par le très expressif Keanu Reeves.
Assiste-t-on à un renouveau de la série ? Réponse dans les lignes qui suivent !

On incarne donc Neo dans un jeu à la troisième personne. L'aventure commence par une séquence d'infiltration consistant à échapper aux agents venus nous trouver dans notre bureau. Si, dans le film, Neo se rendait à l'ennemi, ici l'histoire est réécrite, puisque l'on parvient à s'échapper.
Vient ensuite un choix difficile : la pilule rouge, ou la pilule bleue ? En gros : veux-tu continuer le jeu, ou retourner à l'écran titre ?


On enchaîne avec un tutoriel visant à nous expliquer les bases du gameplay. On pourra ainsi se battre à mains nues, avec toute la classe que cela implique, mais aussi à l'arme blanche, qu'il s'agisse de haches, de bâtons ou de katanas. Les attaques sortent facilement, puisque seule la touche 'triangle' est sollicitée, avant de passer aux combos avec 'rond', qui permet également de choper l'adversaire pour l'envoyer voir là-bas si j'y suis. La touche 'carré' est utilisée pour l'esquive, il faudra d'ailleurs la matraquer lorsque Neo sera sonné en plein combat, pour une raison qui m'échappe encore.

On est également initié au mode « concentration », qui augmente la puissance de nos coups et nous permet d'utiliser des combos dévastateurs, au ralenti, parce que Matrix c'est aussi du bullet time en pagaille !
On est ensuite formé aux acrobaties en tout genre, de la course murale aux bonds prodigieux et particulièrement jouissifs. Vient ensuite l'entraînement aux armes à feu, tout sauf passionnant : s'il est agréable de courir sur un mur tout en canardant ses ennemis, la visée n'est pas pratique et fait souvent partir la caméra en vrille. On préfèrera aller les savater au corps à corps. Il faut cependant avouer que les armes à feu offrent des choix intéressants : pistolets, mitraillettes, lances-grandes... Tout un arsenal, qu'il sera également possible de récupérer sur un adversaire vaincu.

Passé ce tutoriel -très long, il faut bien l'avouer-, on entre dans l'aventure proprement dite, qui suit le scénario des films. On revit donc la fuite par les égouts, le sauvetage de Morpheus, les différentes confrontations avec les Agents... Cependant, il vaut mieux connaître les films, puisque le « montage inédit des frères Wachowski » (cf la jaquette du jeu) est un méli-mélo de scènes des trois films dont il est impossible de se dépêtrer. Pour ne rien arranger, le jeu prend parfois des distances alarmantes avec le scénario original ! Si la confrontation avec Séraphin a été agrémentée d'un combat sur des pylônes enflammés plutôt sympa, comment expliquer ce passage chez le Mérovingien où, après que Neo ait déambulé dans un labyrinthe religio-SM, il se retrouve dans une dimension parallèle sans gravité, où vivent des fourmis rouges géantes (!) avant de combattre une sorcière ? Un grand moment de WTF.
On visite énormément d'environnements différents, offrant parfois des moments ultra-jouissifs, comme ce combat mythique seul contre des centaines d'agents Smith ! On notera aussi le combat final à la DBZ, fait d'esquives aériennes et de projections sur des buildings. Une phase de shoot à la mitraillette depuis un hélicoptère vient également apporter un peu de variété.

La maniabilité du titre est souvent brouillonne, surtout pendant les phases de shoot et les sauts : les phases des plateforme restent rares mais mettront vos nerfs à rude épreuve, bien malgré elles. Seuls les combats s'en sortent correctement, même si, parmi les 600 mouvements de combat de Neo et la masse de combos possibles, à débloquer après chaque niveau, on n'utilise vraiment que trois à quatre d'entre eux, ce qui finit par rendre les combats redondants. C'est bien dommage, car ces phases montrent un vrai potentiel !

Les graphismes du jeu sont, avouons-le, particulièrement vilains. On reconnaît certes les différents acteurs modélisés -qui restent inexpressifs, comme dans le film-, mais l'ensemble est laid et truffé de bugs en tout genre. Au lieu de rigoler sur les bugs corrigés (montré en bonus dans une sorte de bêtisier), les développeurs auraient pu essayer de régler ceux qui restaient... Cependant, la fin du jeu nous réserve une surprise de taille : une cinématique en images de synthèse superbe, dans laquelle a du passer tout le budget graphisme.
Et le jeu n'est pas sauvé par un level design brillant : peu importe la mission, il se résume généralement à un enchaînement de couloirs, ou à une seule et unique salle. Peu de niveaux, parmi la trentaine proposée, tirent leur épingle du jeu, à l'image de la première mission ou du combat sur les toits.
Une bonne surprise toutefois : le jeu est doublé en français, et plutôt bien. Le reste de la bande-son, en revanche, peine à convaincre et se fait vite oublier.

Bon, à la lecture des derniers paragraphes, on pourrait croire que le jeu n'est qu'une bouse truffée de bugs et pas intéressante pour un sou, un énième jeu à licence. Ce qui m'amène à rétablir la vérité : The Matrix : Path of Neo n'est pas un mauvais jeu en soi ! Malgré ses gros défauts, il reste fun à jouer, notamment grâce au système de combat très efficace. C'est un plaisir de revivre la trilogie en incarnant son classissime héros, et en enchaînant des acrobaties surhumaines. De plus, la trentaine de missions offre une durée de vie plutôt convenable, et est rejouable à l'envi pour débloquer des bonus (des cheats comme l'invincibilité ou les munitions infinies, ou une galerie de personnages qui n'ont rien à foutre là). Les frères Wachowski nous bichonnent, puisque non seulement ils se sont attelés à un nouveau montage un soir de beuverie, mais ils ont également crée une nouvelle fin à la saga ! Introduite par une cinématique mettant en scène les deux frères et bénéficiant d'une synchronisation labiale à mourir de rire, ce combat clôture en beauté un jeu auquel il manquait justement un souffle épique.
S'il n'est pas LE jeu Matrix tant attendu, Path of Neo reste divertissant, surtout pour les fans de la saga.

Ma note : 12/20

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