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29 juin 2011

Test de Portal 2 (X360-PC-PS3)


Dire que Portal 2 était attendu est un doux euphémisme. En quatre ans, le premier épisode est passé du statut de « petit jeu sympa pour lequel on n'achèterait pas pour autant The Orange Box » à celui d'oeuvre culte, dont une suite était espérée par une communauté de joueurs sans cesse grandissante. Aussi l'annonce tonitruante de Valve, à base de messages cryptés à décoder et d'ASCII, a-t-elle suscité l'engouement de joueurs désireux d'en apprendre plus sur ce nouvel épisode. Finalement sorti en avril dernier, soit moins de quatre ans après son prédécesseur, Portal 2 parvient-il à le surpasser ? Réponse dans ce test !

On pensait Chell sortie d'affaire après avoir vaincu GlaDOS, mais tout n'est pas si rose pour notre héroïne. Placée dans un sommeil artificiel de cent ans, c'est dans un centre totalement dévasté qu'elle s'éveille et fait la rencontre d'un robot venu la secourir. Wheatley, puisque c'est son petit nom, nous guide à travers les ruines du centre d'enrichissement d'Aperture Science, que les fans du premier opus prendront plaisir à découvrir sous un nouveau jour. Alors que la liberté semble à portée de main, notre nouvel ami commet une gaffe et réactive une GlaDOS pour le moins revancharde ! Nous voici à nouveau otages de cette intelligence artificielle, qui nous propulse dans de nouveaux tests, qui plus que jamais demanderont de maîtriser notre générateur de portails !

Une nouvelle fois au centre du gameplay, cette arme n'a pour ainsi dire pas évolué : elle permet toujours de tirer deux portails, un bleu et un jaune; on s'engouffrera dans le premier pour sortir par le second. Les différents interrupteurs, cubes et autres tourelles sont encore une fois de la partie, de même qu'une physique avec laquelle il faudra souvent jouer pour se propulser toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort. Cependant, le jeu s'enrichit de nouveaux mécanismes, à commencer par les rayons lasers et les cubes réfléchissants, qui nous permettront de dévier lesdits rayons vers leurs réceptacles. On trouvera également des ponts de lumières, bien utiles pour traverser des gouffres, des plaques de propulsion, ainsi que la principale nouveauté de Portal 2 : les gels ! Au nombre de trois, ils amènent le gameplay à un niveau supérieur : le gel bleu nous fait réaliser des sauts bien plus hauts que la normale, le gel orange nous octroie une vitesse surhumaine, tandis que le gel blanc permet de créer des portails sur des surfaces qui y étaient auparavant insensibles. Il faudra souvent combiner les effets de ces gels, par exemple en plaçant une flaque de gel bleu au bout d'une traînée de gel orange. Le résultat ? Un super sprint suivi de trente mètres de vol plané ! Avec un gameplay bien plus riche que précédemment, cet épisode de Portal se permet des énigmes toujours plus tordues, dont la solution n'est pourtant jamais difficile à trouver. Un level design extrêmement maîtrisé donc, mais qui manque malheureusement d'un peu de challenge.

Un gameplay qui atteint des sommets certes, mais qui se fait voler la vedette par un scénario et une ambiance toujours plus travaillés. GlaDOS est au top de sa forme, révèle des traits de sa personnalité que l'on ne soupçonnait pas et nous abreuve encore une fois de répliques mémorables, nimbées d'un cynisme dont on se délecte avec un plaisir coupable. Pour autant, notre meilleure ennemie ne tient pas forcément le haut de l'affiche et fait face à Wheatley, personnage déjanté et maladroit nous offrant lui aussi son lot de phrases marquantes. Ces deux personnages, occupant tant le rôle de narrateurs que celui de protagonistes, sont rejoints par une tierce personne dont l'identité sera tue dans ces lignes. Sachez seulement que par ce personnage arrivent un flot d'informations sur Aperture et GlaDOS, et bon nombre de tirades du plus bel effet. Quant aux environnements que l'on traversera tout au long de l'aventure, ils se montrent bien plus diversifiés que dans le premier opus, et se paient le luxe d'évoluer au fil de nos pérégrinations. D'abord en ruine et envahi de végétation, le centre est reconstruit sous nos yeux par GlaDOS, puis révèle une facette que l'on ne lui connaissait pas, avant de retrouver tout son éclat. Exit les salles immaculées, place à une variété à la fois plaisante à l'oeil, et jouant à elle seule un rôle important dans le scénario. Scénario possédant son lot de temps forts, de mystères et de rebondissements, souffrant parfois de légères baisses de rythme mais épatant une nouvelle fois par sa qualité. L'effet de surprise est un peu moins présent que dans le premier opus, mais on baigne avec bonheur dans cette atmosphère unique.

Le mode solo s'est vu considérablement renforcé depuis le premier épisode, et atteint maintenant les sept à huit heures de jeu, découpées en dix chapitres d'intérêt et de durée inégaux. Une expérience plutôt longue donc, mais qui laissera immanquablement le joueur sur sa faim de tests. Qu'il ne s'inquiète pas, Valve a pensé à lui et a inclus un mode attendu par beaucoup : le multijoueur ! Loin d'être une simple redite du mode solo, il propose d'incarner deux robots (Atlas et P-Body, craquants) dans des salles et un scénario différents, spécialement conçus pour ce mode multi. Ainsi, en local ou en ligne, on arpentera le centre durant cinq heures, cinq heures de fun grâce à un système d'émotes amusantes et à de nombreuses prises de tête par micro interposé. Un vrai régal !

L'atmosphère unique de Portal 2 est renforcée par des graphismes d'une qualité plus que convenable. Le moteur Source n'est plus tout jeune, mais il montre qu'il en a encore dans le ventre, en affichant des décors à la fois beaux, vastes, et détaillés. Les problèmes d'affichage sont extrêmement rares, la physique impressionne et nous propose son lot de destructions et reconstructions des environnements traversés. Les différents protagonistes, quant à eux, bénéficient d'un design soigné et d'animations de qualité. L'aspect graphique a, et c'est visible, été revu à la hausse depuis le premier épisode et permet au jeu de tenir tête aux productions actuelles, dont le moteur est bien plus récent. Une petite prouesse de plus à ajouter au compte de Valve.

La bande-son de Portal 2 se montre souvent en retrait, mais se rappelle à notre bon souvenir en quelques occasions, soutenant du même coup un temps fort du scénario. Le reste du temps, seuls les bruitages et -surtout- les voix des personnages résonneront dans les salles du centre d'enrichissement. On retrouve avec un plaisir à peine dissimulé la voix inimitable de GlaDOS, et on savoure celle du nouveau venu, Wheatley. À noter que, concernant les voix de ces personnages, si la VO se montre brillante (Ellen McLain !), la VF n'est pas en reste et permet à ces protagonistes d'être très attachants, Wheatley en tête. Comme pour le premier épisode, on profite d'un ending de toute beauté composé par Jonathan Coulton. Si Still Alive a su marquer énormément de joueurs, cette nouvelle chanson ne manquera pas de fédérer un large public.

Voici donc, en quelques lignes, la conclusion de ce test qui, je l'espère, vous aura fait comprendre à quel point Portal 2 fait figure d'indispensable dans votre ludothèque ! Sachez qu'il est rare de trouver un jeu aussi maîtrisé, sur quasiment tous les aspects. Les graphismes en imposent malgré l'âge avancé du moteur Source, le gameplay frôle la perfection, le level design frise le génie, le scénario comme les personnages sont captivants, et la durée de vie, conséquente en solo, est accrue par l'ajout d'un multi des plus réussis. Portal 2 améliore Portal sur à peu près tous les points, et restera sans doute comme l'un des plus grands jeux que nous ait offerts Valve ces dix dernières années, ce qui n'est pas peu dire !

Ma note : 18/20

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