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Le formidable blog jeux vidéo d'Aurionis

9 juillet 2011

Premières impressions sur...



Commençons cet aperçu par un peu d'histoire. En 2010, Mindscape, considéré comme le spécialiste des adaptations miteuses de licences qui ne le sont pas moins, lance sa branche « harcore gamers », représentée par le studio français Punchers Impact. Studio dont les travaux donnent en début d'année Crasher, un jeu de combats de véhicules orienté online, plus que moyen. Le studio fait les frais de cet échec et ferme ses portes au mois de mai dernier avec pertes et fracas, clashs entre les anciens employés et tout le toutim. Cependant, c'est bel et bien fin juin que sort le dernier projet de ce studio éphémère : Lucha Fury. L'ultime création de Punchers Impact vaut-elle le détour ? La démo m'a permis de me faire une petite idée de la réponse à cette question...

Lucha Fury, comme son nom l'indique, met à l'honneur la lucha libre, le fameux dérivé du catch tant apprécié au Mexique. Ceci dit, on n'aura pas affaire à une simulation de combats en collant, mais bel et bien à un beat'em all, somme toute assez classique. On commence par choisir notre personnage parmi les quatre proposés, tous issus du monde la lutte libre. On a donc un gros costaud pas futé, une damoiselle sexy en diable, un beau gosse bien musclé, et un dernier personnage visiblement plus sauvage, violent et impulsif. Une fois ce choix cornélien surpassé, nous voilà plongés dans des décors cell-shadés et colorés rappelant inévitablement le Mexique. Cependant l'approche semble plus fantaisiste, puisque nos premiers pas se font dans une décharge publique dont l'arrière-plan se compose de grues monstrueuses dévorant les ordures. L'ensemble n'est pas vraiment beau, mais n'est pas laid pour autant. Les décors s'en sortent bien, mais les personnages en revanche manquent de finesse.

Concernant les déplacements, on a affaire à du très classique. Les décors s'arpentent de gauche à droite, et il est possible de s'y déplacer de haut en bas à la façon d'un Streets of Rage, inspiration évidente de beaucoup de beat'em all d'hier comme d'aujourd'hui. On notera qu'il est possible de marcher normalement -et lentement !- ou de sprinter. On progresse donc dans le niveau en distribuant des tatanes à nos adversaires, qui arrivent par vagues. Encore une fois, le gameplay se montre très classique, si ce n'est en deçà de ce que proposaient des jeux de l'époque 16-32bits ! Pendant quelques minutes, j'avoue m'être demandé où se situait le rapport avec la lucha libre, si ce n'est dans l'atmosphère mexicaine déjantée. Réponse apportée quelques secondes plus tard : une fois un ennemi sonné au sol, il est possible d'effectuer une « plancha » sur lui, comprenez le finir d'un saut magistral visant à le broyer. Détail intéressant : la plancha fait plus de ravages si elle est effectuée depuis un point en hauteur. Ainsi, grimper sur un monticule de pneus est vivement recommandé. Bien d'autres coups inspirés de la lucha sont à découvrir sous la forme de combos s'acquérant avec l'expérience. Pour récupérer de la santé, il faudra donner des coups de pied à des poules au faciès hilarant, ce qui m'a tout de suite rappelé les lutins à qui il fallait botter le derrière dans Golden Axe afin de récupérer des potions.

Après une progression d'un classicisme indécent, nous arrivons dans un bar-restaurant dont le tenancier semble bien énervé après nous. Il envoie ses sbires nous attaquer, tandis que l'orchestre continue à jouer un morceau typiquement mexicain. Si le combat en lui-même n'est pas palpitant, le fait de pouvoir frapper les musiciens, qui interrompent donc leur partition pendant quelques secondes, est assez amusant. Vient l'heure du boss ! La surprise tient au fait qu'il sera inutile de le bourriner jusqu'à ce qu'il meure, ici il faudra étudier et décomposer ses mouvements pour trouver le moment le plus approprié pour le frapper. Une idée sympathique, le fait de chercher le point faible d'un boss étant un aspect old-school que j'apprécie, mais qui a malheureusement tendance à disparaître.

Une fois notre adversaire à terre, on poursuit dans un second niveau qui s'avère lui aussi parfaitement classique. C'est ici que j'ai préféré mettre fin à ma session de jeu, la sauce salsa ayant du mal à prendre. Lucha Fury se contente finalement de réutiliser des recettes archi-connues sans y ajouter de véritable innovation. Pire encore, cette copie vaut largement moins que les originaux, les coups comme les déplacements se montrant assez mollassons. Nos héros auraient-ils forcé sur les nachos ? Le fun du titre se situe dans ses décors et son ambiance festive bardée de clichés amusants, à défaut de se trouver dans son gameplay. Reste un jeu moyen sous tous rapports, qu'il sera forcément préférable de parcourir à plusieurs (jusqu'à quatre) plutôt que seul. Le dernier jeu que nous aura offert Punchers Impact semble à l'image du parcours du studio : décevant malgré de bonnes intentions évidentes. Reste à espérer que le jeu s'améliore au fil de l'aventure, car cette démo, vous l'aurez compris, ne m'a pas emballé plus que ça.

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