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12 octobre 2011

Test de Jak 3 (PS2)



Suite et fin de notre petite rétrospective consacrée à Jak and Daxter. Nous avons déjà vu qu'en deux épisodes seulement, Naughty Dog est parvenu à imposer sa série sur Playstation 2. Le premier épisode avait conquis les amateurs de plate-forme, tandis que le second, modifiant son gameplay en y ajoutant une surprenante dominante GTA-like, avait attiré un nouveau public. On était en droit de se demander quelle surprise nous réservait le studio pour le troisième opus de la saga. Jak 3 nous parvient à la fin de l'année 2004, et s'annonce comme la conclusion d'une trilogie passionnante. Et comme nous allons le voir dans ce test, l'objectif semble accompli !

Nous avions quitté un Jak victorieux, libérant Abriville du joug du Baron Praxis et vainquant le chef des Metal Heads. Après un dénouement pas piqué des hannetons, on pensait que notre héros allait pouvoir profiter de la paix revenue sur la cité. Erreur, car la guerre fait toujours rage en ville et Jak est vu comme le responsable de cette nouvelle invasion de Metal Heads. Envoyé dans l'aride désert des Terres Pelées, il semble condamné à y mourir... Heureusement repérés par Damus, le roi d'une ville constituée d'exilés, notre héros et son fidèle ami Daxter sont sauvés. Mais le plus dur reste à faire : Abriville a plus que jamais besoin d'un héros, capable de découvrir qui a pris le contrôle des Metal Heads et de restituer la paix. Si à la base ce scénario semble assez bateau, il prendra peu à peu des proportions bien plus intéressantes. L'arrivée de nouveaux personnages secondaires et le retour de ceux que l'on connaissait déjà tissent une trame riche en moments forts, oscillant toujours entre l'humour et la gravité avec succès. Si Abriville permet de poursuivre l'histoire liée à la guerre contre les Metal Heads de façon efficace, les Terres Pelées, le nouvel environnement explorable, se penche quant à lui sur la défense de la cité de Spargus et sur les mystères liés aux Précurseurs, ces divinités antiques que l'on a appris à connaître depuis le tout premier épisode de nos aventures. Jak 3 a la lourde charge de conclure la saga et de répondre à toutes les questions qu'elle a soulevées, en particulier lors du second opus. Que l'on se rassure, il y parvient avec brio, même si certaines révélations en laisseront plus d'un dubitatif.

Au niveau du gameplay, on prend les mêmes et on recommence, ou presque ! Le panel d'actions de notre ami Jak est identique à celui du second opus, lui-même repris du tout premier. Que voulez-vous, on ne change pas une recette qui marche ! Les armes introduites par Jak II sont de retour, mais chacune se voit désormais déclinée de trois manières différentes, ce qui porte notre arsenal à un total de douze armes diverses, variées et surtout très amusantes ! Car si les quatre flingues de notre aventure précédente semblaient assez sérieux, cette fois-ci Naughty Dog mise sur le fun. On dégotera par exemple une arme dont les tirs rebondissent sur les murs, un rayon électrique ainsi que mon petit préféré, un rayon antigravitationnel qui fait flotter nos ennemis dans les airs pendant quelques secondes. La variété fait plaisir à voir ! Notre alter-ego maléfique est également de retour : Dark Jak est désormais plus simple d'utilisation et s'enrichit de nouvelles capacités : l'invisibilité et ce que j'appellerai le kamehameha, une puissante vague d'énergie détruisant tout sur son passage.

Conscient que la disparition des écos avait déplu à bon nombre de joueurs, Naughty Dog introduit dans cet épisode l'éco blanche, entraperçue dans Jak and Daxter premier du nom. En l'utilisant, Jak devient Light Jak et utilise des techniques bien moins agressives que Dark Jak, mais tout aussi pratiques. On aura accès au cours de notre quête au pouvoir de ralentir le temps, à celui de se régénérer, à un bouclier et à des ailes qui nous permettront de couvrir des distances plus importantes. Toutes ces capacités seront mises à l'épreuve par les Précurseurs dans des temples spécialement conçus dans ce but et qui, dans la grande lignée de la série, jouissent d'un level design des plus sympathiques. Naviguer entre les trois formes de Jak est vraiment plaisant, bien que tous ces pouvoirs et armes destructrices rendent le jeu un peu plus simple que son prédécesseur.

Les moyens de déplacement de Jak à Abriville sont toujours les mêmes : l'hoverboard est de retour, et les différents véhicules volants répondent présents. La grande nouveauté, c'est bien entendu Spargus, la ville du désert ! On pourra s'y déplacer juché sur un reptile bipède, calqué sur l'oiseau géant du premier épisode. Quant au désert des Terres Pelées, vraiment très vaste (quoique manquant cruellement de vie et de lieux importants), il est préférable d'y voyager au volant d'un des huit buggys du jeu. Cette nouveauté amène un peu plus de variété, et promet de grands moments de lutte contre les Maraudeurs du désert, pilotant eux aussi des véhicules. Parmi les caractéristiques des buggys, on trouvera les pneus, lisses ou cloutés, la nature de l'arme à notre disposition (mitraillette ou canon), ainsi que la capacité à exécuter des sauts géants pour la bien nommée Puce du Désert. La conduite en elle-même se révèle simple et très amusante grâce aux dénivellations monstrueuses du désert. Chaque véhicule dispose de sa barre de vie et de trois unités de boost, à utiliser impérativement lors des différentes courses proposées. Car tout comme son prédécesseur, Jak 3 propose de nombreux défis au joueur, accessibles via des bornes placées ici et là à Abriville ou dans le désert. Courses, missions chronométrées et mini-jeux divers devront alors être accomplis pour récupérer des orbes précurseurs, objets bonus permettant d'acheter des cheat codes activables à souhait, du plus anecdotique (raser le bouc de Jak, mode grosses têtes) au plus intéressant (éco illimitée, invulnérabilité...).

Le jeu peut donc se targuer de disposer d'un gameplay particulièrement abouti, qui permet de s'amuser même en dehors des missions du scénario. De plus, il peut compter sur une qualité graphique toujours aussi bonne, qu'il s'agisse des personnages aux visages émotifs et aux animations bien ficelées, ou des environnements. Abriville, toujours en proie à la guerre, a été considérablement modifiée par les combats. Ainsi, si la partie sud de la ville est intacte, le nord est aux mains de l'ennemi et en subit les conséquences. Ces différentes zones s'autorisent des couleurs un peu plus vives que la grisaille ambiante, à l'image du quartier Metal Head. On notera d'ailleurs qu'on trouvera plusieurs fronts sur lesquels les Grenagardes affronteront leurs adversaires. Il sera possible de prendre part à ces combats sans fin. Les Terres Pelées sont quant à elles un vaste désert de sable, et présentent donc peu de décors à couper le souffle. On y trouvera bien des rochers, des cascades ou des ruines, mais rien de rare. Quant à Spargus, bâtie au coeur du désert, elle bénéficie de décors réussis, entre le quartier marchand près de la plage et les rues creusées à même la roche. Cependant, la cité est assez petite, et n'est donc pas aussi diversifiée qu'Abriville. Dans l'ensemble, cet épisode jouit d'une réalisation de bonne facture et de couleurs plus vives que dans l'épisode 2, ce dont personne ne se plaindra.

Poursuivons notre test par la bande-son du jeu. La bonne nouvelle, c'est que les différentes compositions sont tout à fait dans la continuité de celles de Jak II, et donnent donc un souffle épique à nos pérégrinations. La mauvaise, c'est qu'elles finissent par vite se répéter, pendant les combats ou les trajets dans le désert par exemple. Mais ne nous plaignons pas, car c'est à une bande-son de qualité à laquelle on a affaire. Quant aux doublages, eux aussi sont dans la continuité du dernier épisode. Franchement réussis, ils donnent aux personnages du jeu un charisme indéniable, qu'il s'agisse des anciens comme des petits nouveaux. Les nombreuses cinématiques permettront donc d'apprécier des situations tantôt cocasses, tantôt héroïques, mettant en scène des personnages attachants, Daxter assurant toujours son quota de répliques poilantes. Ce qui est la moindre des choses de la part d'une beloutre velue.

Sur cette fantastique boutade, concluons sans plus tarder ce test de Jak 3 ! Reprenant avec succès la formule instaurée par Jak II, le titre de Naughty Dog n'en oublie pas pour autant de s'enrichir de nouvelles features, la principale étant sans doute l'utilisation de véhicules dans le désert. La nouveauté est apportée par petites touches pas toujours visibles ou très importantes, ce qui ferait davantage ressembler le jeu à un « Jak 2.5 », mais que l'on ne s'y trompe pas : par son scénario habilement mené, parce qu'il est beau, complet, long (comptez une bonne vingtaine d'heures d'aventure tout de même) et surtout parce qu'on s'y amuse tout le temps, Jak 3 surpasse son aîné avec talent. Les fans hardcore pesteront et trouveront que l'ambiance est encore trop sombre par rapport au féerique Jak and Daxter premier du nom, mais Naughty Dog nous livre ici un baroud d'honneur si réjouissant que ces critiques semblent futiles. Il est conseillé à ces fans de simplement s'assoir, de jouer à Jak 3 et de savourer la conclusion de l'une des plus grandes sagas de la Playstation 2 !

Ma note : 16/20

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