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26 octobre 2011

Test de Red Dead Redemption (X360 - PS3)



Le Far-West... Une époque entrée dans la légende, notamment grâce aux fameux westerns-spaghettis des années 70 et à leurs cow-boys virils. Si le cinéma en a fait un genre très populaire, on ne peut pas en dire autant du jeu vidéo. Quelques productions s'y sont essayées, tels Mad Dog McCree, Sunset Riders ou les adaptations de la licence Lucky Luke, mais l'ouest sauvage restait malgré tout assez peu représenté. Quelle ne fut notre joie lorsque Rockstar annonça une suite à son Red Dead Revolver, un sympathique jeu sorti sur PS2, annonçant un titre dans la lignée d'un Grand Theft Auto ! Cette série ultra-populaire nous propose une liberté totale dans un environnement ouvert, comprenez donc que l'idée de folles chevauchées, colt au poing, était particulièrement séduisante ! Sorti en mai 2010, Red Dead Redemption ne serait-il qu'un « GTA au Far-West », comme on l'a beaucoup lu, ou serait-il une oeuvre bien plus complète et marquante ? Éléments de réponse dans les lignes qui suivent !

Notre héros a pour nom John Marston, un cow-boy dont la vie s'est longtemps déroulé dans l'illégalité. Membre d'un gang d'affreux qui terrorisait, tuait et pillait sans vergogne, John a décidé de tout laisser tomber pour vivre avec sa femme et son fils. Seulement voilà, les fédéraux ne l'entendent pas de cette oreille, et font chanter notre infortuné héros : s'il ne les aide pas à mettre la main sur les anciens membres du gang, John ne reverra jamais sa famille, détenue par ses nouveaux « employeurs ». C'est donc avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête que Marston va traquer ses anciens amis, dans le but de vivre enfin la vie simple à laquelle il aspire. Mais peut-il vraiment racheter son passé ? Personnage fort, John Marston n'est pas pour autant un héros sans peur et sans reproche, et l'on découvrira au fil de l'aventure ses faiblesses, ses doutes, une facette terriblement humaine qui fait de lui un personnage extrêmement attachant, peut-être l'un des héros les plus travaillés de ces dernières années. Au cours de son périple, John croisera de nombreux personnages secondaires hauts en couleur, comme souvent dans les productions de Rockstar. Le shérif droit dans ses bottes, le révolutionnaire mexicain, le chasseur de trésors, le camelot, sont autant de protagonistes délectables qui contribuent à nous immerger dans un univers remarquablement fidèle à cette époque.

En effet Red Dead Redemption se déroule en 1911, soit au crépuscule de l'ère des cow-boys, et propose une belle reconstitution de l'Amérique sauvage du début du XXe siècle. Les diligences côtoient les premiers trains à vapeur, l'automobile fait son entrée dans les villes, la technologie apparaît par petites bribes et semble annoncer la fin imminente de la grande époque des westerns. Mais que l'on se rassure, on retrouvera énormément d'éléments caractéristiques de cette époque : saloons, avis de recherche, chevauchées... Chaque centimètre carré de notre aire de jeu transpire l'ouest sauvage. D'ailleurs, le jeu est réellement vaste, puisque ce sont trois zones immenses qu'il nous sera proposé d'arpenter. On découvrira ainsi le désert aride de l'Amérique, on traversera le Rio Grande pour nous rendre au Mexique, puis on explorera les grandes plaines et les cimes enneigées des montagnes. Chacune de ces régions propose son lot de campements, de forts, de cimetières et bien entendu de villes, centres névralgiques de chaque zone. Au sein de celles-ci, l'immersion atteint son paroxysme : des bâtisses aux tenues vestimentaires des citoyens en passant par les petits dialogues intervenant de temps à autre, tout est fait pour restituer une ambiance fidèle à ces temps révolus, et Rockstar y parvient avec talent !

Assez gambergé sur l'ambiance incroyable qui règne sur Red Dead Redemption, attardons-nous sur son gameplay. Et il y a à dire, le titre étant un vrai bac à sable proposant une multitude d'interactions avec notre environnement ! Le jeu se présente donc à la troisième personne, et nous propose de récupérer des missions auprès des personnages secondaires afin de progresser dans l'histoire. Le plus souvent, il faudra faire parler la poudre et décimer tous les ennemis sur notre chemin, et de ce point de vue là, Marston est équipé ! Aux classiques pistolets et revolver s'ajoutent des carabines, des fusils à pompe, des fusils de précision, de la dynamite, et même un lasso. Notre héros a tout l'attirail du parfait cow-boy, et on passera aisément et rapidement d'un arme à une autre pour ne pas casser le rythme des fusillades, très réussies. Ainsi, John pourra s'abriter derrière à peu près tout et n'importe quoi via un système de couverture simple et efficace, puis il lui suffira de viser (de façon automatique ou manuelle selon le désir du joueur) et d'appuyer sur la gâchette. Mais notre héros est également doté d'un pouvoir qui lui sauvera la mise plus d'une fois : le Dead Eye. Cette capacité, que l'on déclenchera lorsque la barre assignée est suffisamment pleine, ralentit l'action façon bullet-time et permet au joueur de marquer diverses cibles, selon son bon vouloir : tantôt ce sera la main de tel malfrat, tantôt ce sera la tête d'un Indien un peu trop belliqueux. Enfin, il lui suffira de tirer pour vider son chargeur instantanément sur les cibles désignées. À la fois classe et très salvateur, le Dead Eye est une feature des plus intéressantes, dont on abusera volontiers, juste pour le plaisir car le jeu n'est pas excessivement difficile. Exit la barre de vie, notre santé se régénère d'elle-même pour peu que l'on ne prenne pas trop de coups. Un système plutôt convaincant qui ne nuit en rien à notre immersion dans l'aventure.

Une immersion renforcée par une profusion de quêtes annexes, dans la veine d'un GTA. Ainsi, entre deux missions, Marston pourra chasser des animaux sauvages (du lapin à l'ours en passant par les redoutables couguars), accomplir divers défis de tir et de cueillette de plantes, pourchasser des criminels en fuite, jouer au saloon (poker, dés, lancer de fer à cheval sont autant d'activités amusantes), devenir chasseur de trésors, capturer des chevaux au lasso puis les dresser, participer à des duels à la mise en scène cinématographique... La variété est de mise et promet de nombreuses heures d'amusement, pour peu qu'on se donne la peine d'explorer le monde qui nous entoure. C'est d'ailleurs au gré de nos chevauchées à travers le désert que l'on assistera à divers évènements aléatoires, allant de la simple saynète à la mini-mission (rattraper un voleur de cheval, aider une damoiselle en détresse à retrouver son chemin... à moins qu'il ne s'agisse d'un traquenard !). Nos succès lors de ces missions nous octroieront divers bonus : argent à dépenser dans les magasins, armes mais aussi tenues, pour faire de Marston le pistolero le plus classe de l'Ouest.

Un autre des -nombreux- aspects intéressants de Red Dead Redemption est un système basé sur la renommée de John Marston. Je m'explique. En capturant des bandits, en accomplissant des hauts faits, notre héros devient de plus en plus célèbre auprès de la population. De la même manière, en sus de cette barre de réputation, John dispose d'une barre d'honneur. En faisant le bien autour de lui, il est perçu comme un homme bon, bénéficiera du soutien des civils et même de réductions chez les commerçants. Mais il ne tient qu'à vous de jouer les méchants cow-boys, et de plomber tout ce qui bouge ! Par exemple, assassiner de sang-froid un simple citoyen qui passait par là vous fera perdre des points d'honneur, et vous serez alors perçu comme une menace. De ce fait, les représentants de la Loi vous poursuivront jusqu'à être semés, et une prime portant sur votre tête sera déterminée. Plus cette prime est élevée, plus nombreux seront les chasseurs de prime lancés à vos trousses. Pour effacer votre prime, plusieurs solutions s'offrent à vous : mourir (à éviter, de préférence !), payer la somme indiquée ou utiliser un papier récupéré de temps à autre sur le corps des criminels pour l'annuler purement et simplement. Le joueur, en sus de bénéficier d'un univers des plus vastes, peut donc aussi jouer le personnage qui lui correspond, le monde qui l'entoure s'adaptant alors selon ses actes.

Avoir de la renommée c'est bien, mais à quoi bon si seuls des PNJ savent que vous êtes le pire des desperados ? Fort heureusement, Red Dead Redemption propose un mode multijoueurs pas piqué des hannetons ! Après avoir choisi l'apparence de votre avatar parmi celles proposées, vous débarquez sur la map du jeu solo. Cette map immense servira de théâtre au « mode exploration », pouvant réunir jusqu'à seize joueurs, qui pourront au choix s'allier pour terminer les différents repères de bandes ou s'entretuer dans la joie et la bonne humeur. Chacune de nos actions nous rapporte des points d'expérience, et chaque gain de niveau s'accompagne d'une récompense : nouveaux chevaux, nouveaux avatars, nouvelles armes, nouveaux titres... S'il est réellement fun, le mode exploration n'est finalement qu'un gigantesque hub vers les autres modes multi. On retrouvera alors des termes connus : match à mort par équipe, capture de drapeau (à l'exception qu'ici les drapeau sont remplacés par des sacs d'or), mêlée générale... Chaque affrontement débute par un face à face entre les deux équipes, l'occasion de prendre de précieux points. Les armes autorisées sont définies au préalable, et on se limite souvent à un pistolet ou une carabine dans un premier temps, mais plusieurs coffres disposés sur le terrain de nos affrontements contiennent de nouveaux flingues. Si ces modes ne vous suffisent pas, tournez-vous donc vers les quelques missions scénarisées, déjà entrevues dans GTA IV. Celles-ci vous proposeront par exemple de coopérer pour protéger une diligence ou d'assurer un assaut face à une cache de gang, en ranimant vos alliés tombés au combat. Si ces modes distraient efficacement, c'est véritablement le mode exploration qui fait le sel de ce mode multi dépaysant !

Un dépaysement également assuré par des graphismes tout simplement somptueux ! Les environnements traversés regorgent de détails, particulièrement dans les villes. L'architecture des bâtiments est réaliste, et on est véritablement plongés en 1911, jusqu'aux tableaux et aux papiers peints ! Les décors naturels ne sont pas en reste, et en laisseront plus d'un pantois. Des rochers monumentaux du Mexique aux canyons américains en passant par les pinèdes en montagne, on trouve de tout, même si certaines chevauchées sembleront redondantes tant le désert peut manquer de variété. Mais que voulez-vous, c'est un désert ! Red Dead Redemption bénéficie d'un cycle jour-nuit, et en profite pour instaurer des jeux de lumière saisissants. Les conditions météo peuvent varier, et aux matins brumeux succèderont des après-midi sous un soleil de plomb, tandis qu'en soirée vous n'êtes pas à l'abri d'une averse orageuse. Les personnages ne sont pas en reste : leur design est remarquable, leurs animations proches de la perfection et leurs visages parfaitement modélisés (c'est tout juste si on ne distingue pas les grains de leur peau !). Chapeau à Rockstar pour cette prouesse, leur bébé est une merveille graphique dans laquelle il fait bon flâner et profiter de la beauté ambiante.

Pour parachever cette copie quasi-parfaite, abordons l'aspect sonore de Red Dead Redemption, en commençant par les musiques qui ponctuent notre aventure. Et mine de rien, il s'agit là de l'aspect qui m'a le plus déçu (une déception, rassurez-vous, des plus légères). Si les fusillades sont rythmées par des thèmes efficaces nous plongeant dans l'action, le reste du temps il faudra composer avec des mélodies discrètes, qui malheureusement ne marquent pas autant qu'espéré. Une mélodie à l'harmonica, quelques notes de guitare ou de banjo, bref rien de très exaltant, ce qui décevra ceux qui s'attendaient à une soundtrack digne d'un Ennio Morricone. Cependant le jeu sait surprendre au moment opportun en proposant une véritable chanson, aussi inattendue que superbe. Mais si la musique se fait parfois discrète, c'est pour mieux mettre en valeur les bruissements du monde qui nous entoure. Un grand soin a en effet été porté à la restitution d'un environnement sonore crédible et les différentes détonations, les cris des animaux, les coups de poing ou le son sourd d'un sabot frappant le sol sont immédiatement identifiables. De même les aléas météorologiques jouissent d'un réalisme bluffant, à l'image des orages tout bonnement fantastiques. Gardons le meilleur pour la fin : les doublages ! John Marston, tout d'abord, a pour lui une voix unique en son genre qui contribue à en faire un héros à part, diablement charismatique. De nombreuses répliques sont à attendre lors des dialogues, certaines particulièrement réussies, notamment grâce à des seconds rôles qui ne déméritent pas. Rockstar est connu pour sélectionner avec soin ses comédiens de doublage, et Red Dead Redemption fait indéniablement honneur à cette réputation ! Toujours dans un souci d'immersion, il ne sera pas rare d'entendre deux personnages discuter ensemble, ou s'adresser directement à nous. Une vraie démonstration !

Voici qui conclut ce test de Red Dead Redemption, et vous l'aurez compris c'est à un titre réellement riche que l'on a affaire ! Le gameplay propose d'excellents moments, et sa variété garantit de ne jamais s'ennuyer. Mais finalement cette jouabilité, aussi brillante soit-elle, ne prend pas le pas sur le vrai gros point fort du titre de Rockstar, à savoir cette immersion parfaite dans l'ouest sauvage de 1911 ! Tout est fait pour que le joueur évolue dans un environnement crédible, ressente les moindres détails qui font de la vie d'un cow-boy une aventure riche en action et en découvertes. Ainsi, par ses environnements sauvages, son souci du détail, ses protagonistes irrésistibles et sa bande-son tutoyant la perfection, Red Dead Redemption fait figure d'indispensable pour tous les amoureux du Far-West, et pour les autres aussi ! Loin de n'être qu'un simple GTA à la sauce western, il s'impose non comme un simple jeu mais bel et bien comme une oeuvre vidéoludique forte, profonde, marquante, une ode à la liberté. Un titre aussi jouissif qu'une grande chevauchée à travers les plaines...

Ma note : 18/20

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