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19 octobre 2011

Test de Street Fighter IV (X360 - PS3 - PC)


Imaginez. Vous êtes chez vous, confortablement installé dans votre canapé, prêt pour une folle nuit sur le dernier FPS à la mode. Soudain ! Des amis débarquent à l'improviste, et il vous incombe alors de distraire tout ce beau monde ! Deux possibilités s'offrent alors à vous : le Twister, ou l'un de ces jeux vidéos qui fait mouche au cours d'une soirée, et qui saura amuser tout un chacun. Étant donné qu'une séance de contorsions n'emballe visiblement personne, vous choisissez la seconde option. Et dans le genre « jeux multijoueurs diablement distrayants », vous avez le choix ! Party game ? Simulation de sport ? Et pourquoi pas un bon jeu de baston ? Après tout, de nombreux titres proposent de se mettre sur la tronche dans la bonne humeur, citons par exemple Tekken, Soul Calibur, King of Fighters... Mais une licence porte plus haut encore l'étendard des jeux de tatane : la célèbre série Street Fighter, immortalisée par Street Fighter II sur nos antiques Super Nintendo. Foin du retro-gaming, vous vous tournez plutôt vers Street Fighter IV, première incursion sur consoles next-gen de la série de Capcom. Et vous avez fait le bon choix !

Il faut dire qu'elle nous avait manqué, cette série ! L'épisode 3 avait donné lieu à de multiples déclinaisons, mais l'envie d'un véritable renouveau commençait à se faire ressentir. La X360, la PS3 et le PC ont finalement droit en 2009 à cet épisode tant attendu, qui se présente comme un renouveau non pas au niveau de la jouabilité, mais bel et bien du graphisme. Autant commencer par là, car SFIV abandonne le graphisme 2D qu'on lui connaissait jusqu'alors, au profit de modèles 3D extrêmement soignés. Ryu, Ken et compagnie sont parfaitement reconnaissables, mais en imposent davantage, plus massifs qu'auparavant. Nos héros s'autorisent même de nombreuses mimiques bien fichues, conférant à certains un charisme dévastateur. Il en va de même pour les décors des différents stages qui, dans la lignée des opus précédents, comportent de nombreux détails mais qui sont ici plus vivants que jamais et donnent toujours plus d'ambiance aux joutes. Joutes agrémentées d'effets visuels des plus réussis : tandis qu'un hadoken émettra une douce lumière bleutée, les attaques focus (petite nouveauté de cet épisode) donneront lieu à de fort jolies taches d'encre dignes d'une estampe japonaise. Ce passage à un graphisme 3D, loin de trahir l'esprit de la série, donne à Street Fighter IV une indéniable identité graphique.

Le gameplay profite lui aussi de quelques nouveautés, mais que l'on ne s'y trompe pas : la renommée de la série doit énormément à cette jouabilité 2D unique en son genre, hors de question d'opérer une refonte en profondeur ! Ainsi, les sempiternelles touches de poing et de pied répondent présentes : chaque coup peut se décliner en faible, moyen et fort, et il faudra en user avec sagesse pour s'adapter à toute situation lors des combats. Les attaques spéciales sont elles aussi de la partie, et on retrouve avec plaisir les différentes manipulations de joystick. Pour faire simple elles se divisent en deux catégories, qui sont autant de styles de combat propres à chaque personnage. Ryu usera ainsi de divers quarts de cercle, tandis que Balrog utilisera des coups chargés. Bien évidemment, les projections et les Supers sont au rendez-vous, mais SFIV introduit trois nouvelles attaques, et pas des moindres ! La Focus Attack tout d'abord, un coup chargé offrant un coup d'invulnérabilité, bien pratique pour retourner la situation à son avantage. Poursuivons avec les attaques EX, versions améliorées de nos attaques spéciales usuelles et qui consomment un segment de notre barre de Super. Enfin, notons l'arrivée des Ultras, que l'on pourra lancer après avoir reçu un certain nombre de coups grâce à une jauge Vengeance. Bénéficiant d'une mise en scène volontiers spectaculaire, ces attaques sont le coup le plus puissant (et le plus précieux) de nos combattants. Tous ces mouvements se complètent parfaitement, et le gameplay devrait convenir à tous, débutants comme confirmés. En effet, Street Fighter IV se prend facilement en main, et les premiers combos sortent assez facilement. Mais il est évident qu'une bonne dose d'entraînement sera nécessaire pour maîtriser au mieux les nombreuses subtilités du titre de Capcom.

Que serait un jeu de baston sans ses personnages phares ? À ce niveau là, on peut dire que SFIV remplit correctement son office, en proposant pas moins de vingt-cinq combattants, dont une dizaine sera à débloquer ! Le casting comprend les héros qui ont bercé notre jeunesse, de Ryu à Dhalsim, en passant par Sagat : tout le casting de Street Fighter II est là ! On retrouvera aussi des têtes connues, apparues plus tardivement, tels Akuma ou Rose. Dans ce panel qui en rendra plus d'un nostalgique -malgré quelques absents de marque-, Capcom introduit également cinq petits nouveaux, chacun avec son style de combat. El Fuerte mettra en avant la lucha libre dans un style des plus acrobatiques, Abel (cocorico ! c'est un Français) usera de ses capacités physiques impressionnantes, Rufus fera étalage de son imposante bedaine. Et si vous voulez absolument éviter tout spoil, sautez les lignes qui suivent : Seth, le boss final, utilisera les meilleures techniques des personnages du jeu, tandis que Gouken, (le maître de Ken et Ryu né à la suite d'un simple poisson d'avril) qui fait une entrée remarquée dans la série, montrera l'étendue de ses capacités. Le choix est donc plutôt large et devrait convenir à tout un chacun. Petit hic en revanche concernant les stages, puisqu'il n'en existe que dix-sept, alors que les épisodes précédents proposaient généralement un environnement par personnage.

Street Fighter IV tient à varier les plaisirs, et propose son lot de modes de jeux. Le traditionnel mode Versus est là, ainsi que le mode Arcade. À noter que chaque combattant bénéficie de son propre scénario, mis en scène par une séquence d'introduction et un ending animés, plutôt sympathiques. On pourra également accéder à un mode Défi, dans lequel on participera à divers challenges : le mode Survie imposera de tenir le plus longtemps possible avant de mourir, le mode Chrono nous forcera à vaincre nos ennemis avant que le timer n'atteigne zéro, et le mode Épreuve nous initiera aux combos de chaque personnage. De nombreux niveaux de difficulté son proposés, et garantissent à ces modes une bonne durée de vie. De plus, chaque succès débloquera une nouvelle couleur pour nos combattants ou une nouvelle provocation. Cependant, point de costumes alternatifs : pour mettre la main sur ceux-ci, il faudra passer par un DLC chérot... Voilà pour les modes offline, mais Street Fighter IV, c'est aussi et surtout un mode online grâce auquel vous pourrez affronter des challengers du monde entier ! Trois modes de jeu sont au programme : du matchmaking d'amis, sans enjeu, du combat avec classement (et un système de points de combat), et un mode championnat. Un contenu un peu chiche donc, mais qui promet malgré tout de nombreuses heures de jeu ! Notons qu'il est possible d'engranger différents titres et icônes pour en mettre plein la vue à son adversaire avant même le début du combat. Dans l'ensemble, le mode multijoueurs s'en sort bien, même s'il souffre occasionnellement de lags agaçants.

Terminons ce test par l'aspect sonore du titre de Capcom, qui fait mouche ! Les différentes compositions se laissent écouter (hormis cet horripilant thème principal version boys-band, répété partout dans les menus !) et offrent à nos affrontements une atmosphère réussie. Mais Street Fighter, ce ne sont pas que des musiques ! C'est aussi -et surtout- les voix des personnages qui résonnent à chaque attaque spéciale ! On se tatanera donc au rythme des « Hadoooken ! » ou des « Shoryuken ! » mythiques de la série, qui contribuent pour beaucoup au charme de ce jeu de baston décidément pas comme les autres. Chaque personnage a droit à quelques phrases et, Ô joie, il sera possible de choisir la langue qu'il parlera ! N'essayez cependant pas de faire parler Abel dans la langue de Molière, seuls l'anglais et le japonais sont proposés. Mais avouez tout de même qu'entendre Ryu parler sa langue natale a nettement plus d'allure !

Dans le monde du jeu de baston, Street Fighter IV parvient sans mal à s'imposer comme une référence, et quelle référence ! Son gameplay, toujours aussi efficace, promet des combats pleins d'adrénaline et de technique, son casting, quoiqu'un peu maigre, propose son lot de protagonistes charismatiques, et ses modes de jeu, s'ils ne sont pas légion, garantissent de nombreuses heures à triturer sa manette (ou son stick arcade, pour les puristes !). Le renouveau graphique de la série fait plaisir à voir, et fait entrer Street Fighter dans une nouvelle ère sans pour autant en dénaturer le concept au combien apprécié. SFIV rate cependant le Perfect de peu, la faute à un contenu un peu chiche, rattrapé depuis par un Super Street Fighter IV Arcade Edition (ouf !) encore plus réussi. Street Fighter IV peut sembler n'être qu'un galop d'essai, mais il est aujourd'hui encore une valeur sûre du jeu de combat sur nos chères consoles. Ready ? Fight !

Ma note : 17/20

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