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10 novembre 2011

Test de Prince of Persia (X360 -PS3)



Créée en 1989 par Jordan Mechner, la série Prince of Persia fait sensation à chacune de ses apparitions. Négociant habilement son passage à la 3D pour nous livrer une trilogie des Sables du Temps mémorable (à la différence de l'adaptation cinématographique qu'elle a engendrée), le Prince tente une première incursion sur consoles HD en 2008 avec une toute nouvelle aventure. Exit les sables du temps, Farah, et le Vizir, cet épisode s'annonce comme un mini-reboot qui risque de ne pas plaire à tout le monde. C'est l'heure du test !

De retour d'une aventure au cours de la quelle il a mis la main sur un joli pactole, le Prince perd sa mule dans le désert. Parti à sa recherche, il tombe nez à nez avec une jolie jeune femme poursuivie par des gardes armés. Libérant la belle de ses assaillants, notre héros se rend avec elle dans un temple perdu au beau milieu du désert. Là-bas, le père de notre nouvelle amie Elika réveille Ahriman, un dieu maléfique qui s'empresse de faire régner les ténèbres sur le monde. Il incombe alors au Prince et à Elika de rétablir la lumière sur ces terres désolées, en purifiant les différentes Terres Fertiles dispersées à travers le royaume. Sur leur chemin, ils braveront mille dangers et rencontreront les êtres tourmentés ayant vendu leurs âmes à Ahriman...

Si les précédentes aventures du Prince étaient linéaires, celle-ci innove et propose un univers ouvert que l'on explorera à notre guise. Pour faire simple, la carte est découpée en quatre zones de six niveaux communiquant entre elles, et possédant chacune leur architecture et leur ambiance propres. La progression au sein de ces zones ne se fait pas sans mal, et les acrobaties du Prince ne seront pas de trop ! Agile comme un chat, notre héros court, saute, escalade, s'agrippe et court même contre les murs ! On passe l'immense majorité de notre temps à utiliser toutes ces aptitudes, que le level design met savamment en valeur. Ainsi, les anneaux, poutres et plantes grimpantes sont légion, peut-être un peu trop d'ailleurs. Effectivement, passée la découverte du gameplay, on se rend vite compte que celui-ci peine à se diversifier, et que les contrôles un poil trop rigides du Prince entraînent nombre de morts stupides. Au passage, il faut savoir que dans cet épisode de Prince of Persia, il est totalement impossible de mourir au sens strict du terme. Une chute dans le vide ou un coup potentiellement fatal de la part d'un ennemi feront intervenir Elika qui, d'une main bienveillante, sortira notre héros de ce mauvais pas, et nous déposera quelques mètres avant l'obstacle. Un système qui enlève beaucoup de challenge et, malheureusement, beaucoup d'intérêt aux omniprésentes phases de plates-formes.

Si la répétitivité de ces phases finit par lasser, c'est aussi et surtout parce que chaque zone devra être visitée au moins deux fois de fond en comble ! Lors de notre première visite, notre but sera d'atteindre la Terre Fertile nichée au cœur de la zone et jalousement gardée par l'un des quatre boss, afin de la purifier. On progresse donc d'obstacle en obstacle, en évitant les nombreux pièges apportés par les ténèbres d'Ahriman. Puis, une fois la région purifiée, une nouvelle quête commence : la collecte des boules de lumières disséminées de-ci de-là. On arpente donc pour la deuxième fois la zone à la recherche de ces précieuses sphères qui, lorsque l'on en aura ramassé assez, nous permettront de débloquer l'un des quatre pouvoirs d'Ormazd, le dieu de la lumière. Ces pouvoirs magiques seront nécessaires pour atteindre certaines régions , et apportent un brin de diversité au gameplay. On aura par exemple accès à des bonds de géant d'une plaque d'Ormazd à l'autre, ou à des séquences au cours desquelles le Prince courra le long de parois verticales. Si vous tenez vraiment à compléter le jeu au maximum, il vous faudra collecter 1001 sphères de lumière, et il sera donc nécessaire de parcourir, encore une fois, les différentes régions et leurs séquences répétitives. Si le level design est convaincant, il aurait sans nul doute gagné à être plus diversifié...

Qu'en est-il des combats ? On se souvient que dans les épisodes précédents, ils étaient particulièrement nerveux et joliment chorégraphiés. Eh bien ici il faudra se contenter du minimum syndical, les affrontements sont très rares ! Ce reboot de la franchise fait la part belle à la plate-forme et ne propose pour ainsi dire aucun ennemi : il faudra se contenter de quatre boss, combattus six fois chacun, et d'un ennemi de base apparaissant de temps à autres. C'est tout. Et le système de combat n'est pas des plus convaincants... Chaque touche de la manette est attribuée à une action : attaque à l'épée, attaque avec la griffe du Prince, attaque avec Elika, saut (ou pas de côté) et défense. Défendre au bon moment déclenche une parade qui nous permettra de contre-attaquer et de placer notre combo, le plus long possible de préférence. Si l'ensemble reste agréable à regarder, avouons que ce système n'est pas des plus palpitants. De même, malgré quelques bonnes idées (l'invulnérabilité temporaire de l'ennemi à une certaine attaque), les joutes tendent à toutes se ressembler. À noter que les combats contre les ennemis de base peuvent être évités si le Prince les frappe avant qu'ils n'apparaissent.

Le gameplay, un peu trop rigide et répétitif, ne fait donc pas honneur à ce que les épisodes précédents avaient su instaurer, et c'est bien dommage. Cependant, la principale nouveauté de cet épisode réside non pas dans son gameplay, mais bel et bien dans son aspect graphique. En effet, les personnages arborent un design réussi et détaillé, tout en cel-shading, pour un rendu très agréable. Les animations du Prince sont soignées et on savoure d'autant plus ses cabrioles. Mais la grosse claque vient des environnements que propose le jeu, absolument magnifiques ! Lorsque les ténèbres règnent, la palette de couleurs est sombre, terne, tandis qu'une fois purifiées, les différentes régions du royaume recouvrent leurs couleurs chatoyantes, permettant de véritablement apprécier la beauté des décors. Chaque zone a une identité visuelle forte, et c'est avec un immense plaisir que l'on évolue dans ces décors somptueux inspirés des mille et une nuits. Ce Prince of Persia est certainement le plus bel opus de la série, à mi-chemin entre l'artwork et le livre d'images !

Autre gros point fort du titre d'Ubisoft, sa bande-son enivrante ! Les thèmes soutiennent avec brio l'ambiance très « mille et une nuits » au moyen de sonorités orientales des plus plaisantes. Chacune de ces compositions est une invitation tantôt à l'aventure, tantôt à la flânerie dans les environnements purifiés, que l'on aurait tort de refuser ! Quant au casting vocal, il tient la route sans être mémorable. Mention spéciale au Prince, une nouvelle fois doté d'un humour cinglant et qui n'hésitera pas à blaguer dans les situations les plus sombres. Un personnage amusant et attachant, qui tranche radicalement avec celui d'Elika, la belle princesse investie d'une mission périlleuse, qui fait part de davantage de gravité. Si les dialogues imposés sont peu nombreux, il sera possible à tout moment de déclencher une petite discussion entre nos deux héros, afin d'en savoir plus sur l'univers qui nous entoure et ses différents protagonistes.

Voilà qui parachève ce test des nouvelles aventures du Prince de Perse. Une incursion sur consoles HD qui ne plaira donc pas à tout le monde. La quête est moins prenante que dans les opus précédents, le gameplay un peu plus rigide et la variété n'est pas de mise. Cependant, le jeu offre au joueur en manque d'aventure de quoi se rassasier ! Son univers oriental magnifique porté par des graphismes hauts en couleur et une atmosphère sonore fantastique ne peut pas laisser indifférent. De plus, nos héros sont très attachants. Diamétralement opposés, ils devront pourtant s'aider l'un l'autre, à la manière d'un Ico, et vaincre le terrible Ahriman. Finalement, cet épisode ne souffre que de sa répétitivité et d'un manque de challenge dommageable, mais l'aventure est si belle que passer à côté serait une erreur.

Ma note : 14/20

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