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4 décembre 2014

Test de Streets of Rage 3 (Megadrive)

Il aura suffi de deux épisodes pour que la série Streets of Rage devienne incontournable dans le domaine du beat them all (« tape-les tous », en bon français). Sega n'allait bien évidemment pas s'arrêter en si bon chemin et dota sa Megadrive d'un troisième épisode, sorti en 1994. Un épisode particulier, faisant le pari ambitieux de clore en beauté le triptyque de la Team Shinobi sur la console 16 bits. Une lourde tâche. Trop ?



CHRONIQUE D'UNE DÉCEPTION


Décidément increvable, le terrible Mr. X est de retour, plus que jamais désireux de faire main basse sur la ville. Pour mener à bien son diabolique projet, le leader du syndicat du crime n'a pas lésiné sur les moyens : il est désormais à la tête d'une armée de robots et entend remplacer les dirigeants de la ville par ses cyborgs ! Alertée par son ami le Dr Zan, la jolie Blaze réunit une nouvelle fois une équipe de justiciers pour débarrasser une bonne fois pour toutes les rues de ce fléau. On pourra donc incarner quatre personnages, à savoir Axel, indéboulonnable héros de la série, Blaze, le jeune Skate, présent dans le deuxième épisode, et le Docteur Zan, un petit nouveau. Lui-même cybernétique, Zan officiera en tant que gros bras de l'équipe et proposera une jouabilité particulière sur laquelle nous reviendrons d'ici quelques lignes. Chacun de ces protagonistes a bien entendu des caractéristiques qui lui sont propres. À noter que deux personnages bonus peuvent être débloqués, personnages dont on se gardera bien de dévoiler l'identité !

Streets of Rage 3 reprend peu ou prou le gameplay de son prédécesseur, et on aurait tort de s'en plaindre. Tous les mouvements désormais bien connus sont présents, et on distribuera des coups de poings par centaines, enchaînera les projections et multipliera les sauts avec un plaisir non dissimulé. Cependant, quelques nouveautés font leur apparition, et ont mine de rien leur importance. Désormais, tous les personnages peuvent courir en donnant simplement deux accoups vers l'avant ou l'arrière, un mouvement auparavant réservé à Skate. De la même manière, il est maintenant possible d'effectuer une roulade d'esquive vers le haut ou le bas, ce qui s'avère bien pratique pour se dépatouiller d'une situation délicate. Si l'attaque spéciale est toujours présente, elle bénéficie d'une légère refonte, puisqu'elle dépend d'une petite jauge qui se remplit d'elle même. Si la jauge est pleine, l'attaque ne puisera pas dans la santé de notre personnage. Sinon... gare à vos points de vie !

Il est toujours possible de ramasser des objets et des armes, avec là encore quelques innovations : de nouvelles armes sont accessibles (à l'instar de la planche en bois) mais, surtout, celles-ci disposent désormais d'une barre de résistance. Une utilisation répétée de votre tuyau favori le verra forcément se briser (ce n'est pas sale). Ce qui nous amène au personnage de Zan, dont la nature robotique lui confère un pouvoir intéressant : lorsqu'il ramasse une arme, celle-ci se transforme en boules d'énergie à envoyer sur ses adversaires. Une compétence couplée à des bras extensibles, qui font de Zan un personnage des plus agréables à utiliser. Pour le reste, c'est du très classique ! Dans la grande tradition du beat'em all, Streets of Rage 3 nous promène à travers des stages urbains toujours aussi fournis en punks belliqueux. On remarquera cependant que les niveaux sont un peu plus longs que précédemment. En contrepartie, ils sont moins nombreux : comptez sept stages en tout, pas un de plus. Pire encore, en jouant en mode facile, le titre de Sega ne vous proposera que cinq niveaux en tout et pour tout : pour jouer tous les niveaux et assister à la « vraie » fin du jeu, il faudra sélectionner une difficulté supérieure. Et ce ne sera pas une mince affaire, Streets of Rage 3 étant visiblement plus difficile que ses prédécesseurs. En sus d'ennemis plus coriaces, vous aurez aussi droit à des phases plus originales, telle cette course contre une pelleteuse prompte à vous aplatir. Votre manette risque de chauffer !


LE DÉLIRE DE L'ARTISTE

Avant d'aller plus loin, mettons-nous d'accord : avec son gameplay simple et efficace, Streets of Rage aurait pu n'être qu'une série de beat'em all de plus, dispensable et vite oubliée. Son succès lui vient avant toute chose de son univers particulier, à l'ambiance soignée, ceci passant tant par les graphismes que par la bande-son. Les deux premiers épisodes étaient de ce point de vue des modèles du genre. Nous sommes d'accord ? Parfait. Une question peut alors se poser : que s'est-il passé ? Ces deux aspects sont semble-t-il passés à la moulinette... Ne soyons pas mauvaise langue : graphiquement SoR3 s'en sort plutôt bien, malgré des couleurs plus sombres que dans les opus précédents. Les décors sont soignés et les personnages ont pour eux une bonne diversité de mouvements correctement animés. Au passage, on remarquera que, hormis quelques petits nouveaux, nos adversaires sont strictement les mêmes depuis le premier épisode. Une repompe qui finit par agacer plus qu'autre chose le fan avide de nouveauté. Le problème majeur de cet opus est sans doute le peu de cohérence entre ses différents stages. 
Là où les deux premiers opus de la trilogie nous proposaient de parcourir les rues de la ville jusqu'à atteindre le repère du boss final, cet épisode s'emmêle un peu. D'abord sur le port, puis dans une discothèque, notre héros se rendra ensuite sur un chantier, puis descendra sous terre jusqu'à un temple asiatique. Si chaque niveau est introduit par une petite saynète plutôt agréable visant à développer le scénario, on ne peut que rester dubitatif face à cette progression un brin anarchique.

Si seulement ces menus défauts étaient les seuls du titre, on pourrait sans doute passer outre. Oui mais voilà, nous arrivons au gros point noir du jeu, qui fit pourtant jadis la renommée de ses prédécesseurs : la musique. Pourquoi, monsieur Koshiro, pourquoi ? On sent la volonté d'utiliser au maximum les capacités de la console de Sega, mais les mélodies entraînantes des deux premiers Streets of Rage sont aux abonnés absents, remplacées par une sorte de bouillie de bruits électroniques particulièrement indigeste. On en viendrait presque à se demander si certains thèmes ne sont pas en fait des bugs de son de la machine, c'est dire. Difficile d'apprécier l'ambiance du titre avec des mélodies de si piètre qualité, et ce ne sont pas les cris digitalisés, repris de l'épisode 2, qui contribueront à faire de Streets of Rage 3 une expérience sonore satisfaisante. Cette appréciation un peu rude est certes tout à fait subjective, mais semble symptomatique du grand problème de Streets of Rage 3 : à vouloir surpasser à tout prix ses aînés, le jeu de Sega finit par décevoir. La réutilisation à outrance de recettes éculées couplée à une ambiance plus aussi maîtrisée qu'auparavant donnent l'impression que le jeu cherche son style sans jamais le trouver complètement. Un peu vieillot, sans surprise, mais toujours agréable à pratiquer, Streets of Rage 3 sonne le glas de la série d'une manière assez triste pour le fan, qui aurait à coup sûr souhaité une meilleure conclusion aux aventures d'Axel, Blaze et des autres.


Les + : Un gameplay efficace qui a fait ses preuves
Des cinématiques agréables

Les - : Musique détestable
Cheminement étrange
Nouveautés proches du zéro absolu

Conclusion : Sans être une réussite comme le furent ses grands frères, Streets of Rage 3 reste un beat'em all correct de la Megadrive. Le gameplay semble avoir trouvé son aboutissement et ses limites, mais l'ambiance a ce je-ne-sais-quoi de déplaisant, qui pousse finalement à préférer retourner sur l'excellent Streets of Rage 2. A conseiller aux joueurs en manque de tatane avant tout, les autres ont beaucoup d'autres titres bien plus intéressants à essayer.


Note : B

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